Broderie de Lunéville

 

La broderie perlée et pailletée, dite broderie de Lunéville ou tout simplement Lunéville, a toujours fait rêver.

Au XIXe siècle, la mécanisation naissante gagne la fabrication ndes broderies. Les difficultés de commercialisation se font de plus en plus pesantes et, à Lunéville, on sait qu'il va falloir mécaniser pour rester dans la course ! Malgré tout, cette modernisation ne donne pas les résultats espérés ; Lunéville est en retard par rapport à d'autres régions qui ont pris une sérieuse avance.

La mode de la broderie fine utilisant du jais semble être un  créneau intéressant, mais le problème reste entier : la lenteur du travail main.

Monsieur Ferry-Bonnechaux a l'idée de poser les perles en utilisant la technique jusque là employée pour le point de Lunéville : le point de chaînette fait au moyen d'un crochet. Et c'est une véritable révolution ! Le travail s'accélère et il est enfin possible d'assurer une véritable production de vêtements perlés.

La paillette fait son apparition vers 1891 et, tout naturellement, elle est intégrée dans les nouvelles créations. La broderie perlée et pailletée prend ainsi le relais du point de Lunéville, et son ampleur est telle que le nom de la ville sillonne le monde entier. De plus, la relance de la production lunévilloise est grandement favorisée par l'essor de la haute couture (Charles Frédéric Worth en 1858), la mode de l'Art Nouveau puis celle des Années folles.

Mais la crise de 1929, puis la Seconde Guerre mondiale amorcent le déclin inéluctable de la brodérie perlée. Elle subit qui plus est la concurrence des pays asiatiques.

Aujourd'hui, c'est une industrie qui a pratiquement disparu en Lorraine bien que la broderie de Lunéville soit encore enseignée dans les établissements techniques.

 

Depuis janvier 2020, le point de dentelle de Lunéville et la broderie perlée et pailletée sont désormais inclus à l'inventaire national du patrimoine culturel immatériel regroupant les traditions orales, les arts du spectacle, les connaissances et les savoir-faire liés à la nature ou à l'artisanat et les pratiques sociales. Cette liste compte près d'une vingtaine de savoir-faire français tels que le repas gastronomique des Français ou la Tapisserie d'Aubusson.

La vie est une assez mauvaise étoffe 
dont la broderie fait tout le prix ".

 

Considérations sur l'esprit et les moeurs (édition 1787)