Point de dentelle de Lunéville

L'arrivée sur le marché des tulles mécaniques fabriqués en Angleterre, à Calais, à Lyon et vendus à bas prix, favorisa la naissance d'une nouvelle industrie : celle du tulle brodé imitant la dentelle.
 
Très rapide d'exécution, la dentelle brodée sur tulle fut adoptée un peu partout ; elle nécéssitait un apprentissage beaucoup moins long que pour la dentelle véritable et, vu qu'elle était moins chère, elle s'écoulait facilement.
 
Le point de Lunéville est l'un des genres* qui réussie à se faire une réputation.
 
Les motifs sont exécutés au point de chaînette au moyen d'un crochet et sont ornés de jours variés, également travaillés avec le crochet.
 
Sans doute originaire de l'Inde où l'on brodait au crochet (aari) sur de la mousseline de coton, cette technique a peut-être été transposée pour la première fois sur du tulle mécanique par les ouvrières lunévilloises, au début du XIXe siècle.
 
Les dentelles de Lunéville ont connu un certain succès dans toute l'Europe et à l'étranger au cours du XIXe siècle et au début du XXe. Leur décor floral cherchait à imiter celui des dentelles d'Alençon et d'Argentan.
 
* Le point de Lunéville, la dentelle de Lier, le Limerick, le Carrikmacross, la dentelle bretonne.
La vie est une assez mauvaise étoffe 
dont la broderie fait tout le prix ".

 

Considérations sur l'esprit et les moeurs (édition 1787)