Broderie Bandera

La broderie Bandera est exclusivement piémontaise. Elle a fortement été influencée par le goût français à l'époque de Louis XIV.

La légende dit que dans la seconde moitié du XVIe siècle, un certain M. Bandera, tisseur à Chieri, centre de l'industrie textile près de Turin, produit une toile de couleur écru, tissée nid d'abeille ou à rayure, robuste, résistante. Mais d'après une étude, il semblerait que la toile soit d'origine turque et qu'elle était connue dans le Piemont dès la première moitié du XVe siècle.

Elle a d'abord été tissée en chanvre, puis en lin et enfin en coton. Au début elle servait à faire des poches pour les uniformes des soldats, des couvertures pour les orphelinats et les hospices de charité. Plus tard, la toile a été appréciée pour son faible coût et destinée à la broderie avec des fils de laine, pour des utilisations plus raffinées dans le domaine de l'ameublement.

Sous la régence de la mère du duc Vittorio Amedeo II, le Piemont traverse une période de faible propérité économique ; les nobles devant accueillir le nouveau souverain dans leurs maisons cherchent donc à paraître tout en maîtrisant les coûts d'hospitalité. Appréciant le nouveau tissu, durable et économique, ils le commandent en grande quantité pour recouvrir fauteuils, lits, canapés et petits tabourets.

Pour l'embellir, la toile est brodée avec des fils de laine dans les tons bleu Savoie, bordeaux, jaune or, rose, vert.

Pour ce qui est de son évolution

➤ XVIIe siècle : la broderie est entièrement exécutée au point de chaȋnette, le motif est symétrique, ornementé de tréillages légers inspirés de l'art des jardins 

➤ XVIIe-XVIIIe siècle : le point de chaȋnette est toujours présent ainsi que la symétrie, les sujets floraux sont travaillés au passé empiétant avec l'introduction de nouvelles couleurs, le style baroque est enrichi de nouveaux éléments tels que les coquillages.

➤ XVIIIe siècle : insertion de nouveaux sujets comme les fruits, les rubans, style rococo

➤ XVIIIe-XIXe siècle : ajout du passé plat dans les motifs floraux, du point de tige. Les motifs sont plus libres.

La Bandera est un fait de prestige, pour toute bonne famille, devant la noblesse et par la suite, dans la bourgeoisie piemontaise. Cela devient le cadeau à offrir, conçu pour durer dans le temps. Le dessus de lit de mariage est un exemple.

Mais, après tant de succès, cette broderie décline. La Seconde Guerre monsiale provoque la fermeture de nombreux ateliers et écoles transmettan t cet art. Dans les années 1990,  grâce à la passion de la comtesse Maria Consolata Parlormo, la Bandera reprend vie. La nécessité de restaurer un lit à baldaquin la met sur la trace de brodeuses âgées, qui, après la restauration, ont été convaincues de transmettre leur savoir-faire.

Les écoles de broderie Bandera sont désormais nombreuses.

                                                 

 

 

 

La vie est une assez mauvaise étoffe 
dont la broderie fait tout le prix ".

 

Considérations sur l'esprit et les moeurs (édition 1787)